Informations actualisées le 13 mai 2020 à 9 h

Face à la situation sanitaire, les kinésithérapeutes doivent tout mettre en œuvre afin de limiter la propagation du Covid-19.
A compter du 11 mai 2020, le déconfinement ne signifie pas la fin de l’épidémie au Covid-19. Tous les professionnels comme les patients doivent contribuer à la poursuite de l’application des mesures barrières tout en garantissant la bonne distribution des soins, que ce soit en cabinet ou à domicile.


  • Repères sur l’infection au Covid-19

    Les signes cliniques les plus fréquents du Covid-19 sont ceux d’une infection respiratoire aigüe. Cependant, plusieurs tableaux existent et les signes suivants doivent alerter praticiens :

    • signes évoquant une infection respiratoire aiguë
    • fièvre ou sensation de fièvre, qui peut être masquée en raison d’une prise d’antipyrétiques
    • anosmie d’apparition brutale sans obstruction nasale, avec ou sans agueusie
    • symptomatologie digestive (notamment diarrhée) avec état confusionnel, initialement non fébrile ou alternance entre hyper et hypothermie chez un sujet âgé

    Les patients présentant ces signes doivent être mis en relation avec leur médecin traitant.
    La confirmation par diagnostic biologique (RT-PCR) n’est pas systématique. Cependant, elle l’est notamment pour les patients à risque de formes graves, ainsi que pour tous les professionnels de santé.

    Le patient suspecté Covid+ sera soit maintenu à domicile avec suivi, soit hospitalisé. Le choix de l’hospitalisation se fait en particulier au regard de signes de polypnée (fréquence respiratoire > 22/min), l’oxymétrie de pouls (Sp02) < 90% en air ambiant, une pression artérielle systolique < 90 mmHG, une altération de la conscience, confusion, somnolence, une déshydratation et ou l’altération de l’état général brutal chez le sujet âgé.

    Pour disposer de données épidémiologiques nationales, régionales et départementales, le Gouvernement a mis en place une plateforme actualisée tous les jours, données également accessibles par ESRI France.

    -> Sommaire


  • Dépistage des professionnels de santé

    La facilitation du dépistage des professionnels de santé par test PCR n’est plus à l’ordre du jour. Le kinésithérapeute peut être testé s’il présente des signes d’infection et doit disposer d’une prescription médicale et se rendre dans un laboratoire pour pratiquer un test.

    -> Sommaire


  • Mesures barrières pour le professionnel
    • lavage des mains et désinfection avec solution hydro-alcoolique
    • port d’un masque chirurgical ou, préférentiellement, FFP2 (obligatoire pour les patients Covid+)
    • lunettes de protection en cas de kinésithérapie respiratoire ou visière
    • surblouse, gants non stériles et charlotte (obligatoires pour les patients Covid+ et kinésithérapie respiratoire)

    L’usage des masques chirurgicaux par les kinésithérapeutes est une recommandation.
    Pour rappel, les préconisations imposent le remplacement des masques chirurgicaux toutes les 4 heures, les FFP2 étant à usage unique pour un port continu de 8 heures maximum.
    La dotation par kinésithérapeute est désormais de 18 masques par semaine et par professionnel et 6 FFP2 “pour les actes de kinésithérapie respiratoire” précise la Direction générale de la santé ;
    Le Ministère de la santé ayant affirmé qu’il n’y a pas d’ordre de priorité entre les professions, tout refus d’une dotation par une pharmacie parisienne doit être indiqué à son syndicat professionnel en précisant le nom de la pharmacie et son adresse.

    -> Sommaire


  • Se porter volontaire afin de répondre aux besoins des hôpitaux ou assimilés

    Des plateforme de référencement des kinésithérapeutes disponibles afin de répondre aux besoins de soins qui seront identifiés (Covid+ et hors Covid) ont été déployées par le Syndicats, les URPS et ou l’Ordre.

    Le Ministère chargé de la santé a mis en place une plateforme d’appel à volontaires pour venir en renfort des équipes dans les établissements de santé et médico-sociaux ainsi que des centres territoriaux Covid+ qui sont en place : #Renforts-Covid.

    Concernant la Réserve sanitaire, une nouvelle plateforme est opérationnelle. Elle permet d’identifier la profession, l’expérience en EHPAD ou non, ainsi que des commentaires tels que expérience en réanimation. Vous êtes invités à vous identifier sur le site de la Réserve sanitaire
    -> Sommaire


  • Activité en cabinet de ville

    Les conditions de prise en charge en cabinet doivent s’effectuer suivant les recommandation diffusées par les Agences régionales de santé et les autres autorités dont l’Ordre. Pour ce faire, les cabinets doivent adopter des organisations nouvelles.
    -> Sommaire



    • Soins à domicile pour des patients non Covid+

      Seules doivent être assurées les prises en charge des patients les plus fragiles et vulnérables pour lesquels l’arrêt des soins pourrait être préjudiciable ou risquerait d’entraîner une aggravation voire un recours à l’hospitalisation.
      Les autorités sanitaires rappellent que “la crainte de la contamination par le Covid-19 ne doit pas empêcher le recours aux soins, en particulier pour les patients souffrant de pathologies nécessitant un suivi régulier ou pour les enfants“.

      Les kinésithérapeutes doivent faire preuve de responsabilité dans le choix d’intervenir ou de reporter : pour les aider, le CMK a tenté de définir les actes prioritaires non reportables, notion qui doit prendre en compte la pathologie, la clinique ainsi que la dimension sociale de chaque patient pour évaluer le rapport bénéficie-risque.

      Pour les patients mucoviscidosiques, le CMK a publié des recommandations spécifiques pour leur prise en charge dans le contexte épidémique.

      Ces actes doivent obligatoirement être réalisés à la condition de satisfaire à toutes les mesures d’hygiène et aux mesures barrières, tant pour les patients que pour les praticiens. Cette condition est une disposition opposable qui engage votre responsabilité (lavage des mains avant et après intervension, usage du gel hydro-alcoolique, port d’un masque chirurgical).
      -> Sommaire


    • Cas des EHPAD et autres établissements collectifs autres que les établissement de santé

      L’intervention dans les EHPAD est possible dès lors que le médecin a indiqué le besoin de kinésithérapie. L’EHPAD peut demander à ce qu’un seul kinésithérapeute libéral intervienne pour l’ensemble des résidents qui en aurait besoin.
      -> Sommaire


    • Responsabilité professionnelle des praticiens

      Durant cette crise, la question de la responsabilité professionnelle des praticiens est régulièrement avancée en particulier quant au risque de contamination de nos patients. En matière d’infections nosocomiales, le kinésithérapeute libéral est responsable qu’en cas de faute. Cependant, peut constituer une faute, le fait de ne pas respecter, en cette période de crise, les recommandations des autorités sanitaires, les mesures barrières ou encore les recommandations professionnelles (HAS, Ordre, CMK). Il en est de même du non respect des dispositions dérogatoires concernant la télé-kinésithérapie qui est couverte par la RCP qu’à condition d’être réalisée dans les conditions fixées par l’arrêté relatif à la télé-kinésithérapie.
      Cette faute peut tout autant être recherchée sur le plan civil (indemnisation du dommage), sur le plan déontologique que sur le plan pénal.

      -> Sommaire


    • Télé-kinésithérapie

      A compter du 18 avril, le télé-kinésithérapie est possible à titre dérogatoire par un arrêté publié au Journal officiel.
      Le kinésithérapeute peut désormais pratiquer des actes à distance, dans les conditions suivantes :

      • Le télé-soins doit être pratiqué par vidéotransmission, avec des outils sécurisés dont la liste est mise à jour sur le site du Ministère chargé de la santé et suivant les recommandations établies par la Haute autorité de santé.
        A titre dérogatoire, il est possible d’utiliser des outils numériques « grand public » (Whatsapp par exemple) si et seulement le patient présente les symptômes du Covid-19 ou est reconnu atteint du virus..
      • La pertinence du recours au télé-soin est déterminée par le kinésithérapeute agissant sur prescription médicale. En outre, il doit réaliser au moins un acte en présentiel avant toute utilisation de la télé-kinésithérapie.
      • La télé-kinésithérapie réalisée auprès d’un mineur (moins de 18 ans) oblige la présence, auprès de l’enfant, de l’un de ses parents ou adulte autorisé par eux.
      • La télé-kinésithérapie réalisée auprès d’un patient en perte d’autonomie oblige la présence à ses côté d’un aidant (adulte ayant capacité à remplir cette fonction).
      • Les BDK ne sont ni réalisables ni facturables en télé-kinésithérapie.
      • La télé-kinésithérapie peut se pratiquer sur les actes suivants avec les cotations suivantes :

      -> Sommaire


    • Modalités de déplacement

      Sauf en Île-de-France, il n’y a pas plus de restriction au déplacement des kinésithérapeutes et des patients, excepté au delà de 100 km de leur lieu habituel de résidence.
      -> Sommaire


    • Garde des enfants, école primaire et collège

      Les enfants des professionnels de santé libéraux et salariés exerçant peuvent être accueillis dans les établissements scolaires et de petite enfance. Il convient de se rapprocher de l’établissement scolaire habituel ou de la Mairie.

      -> Sommaire




    Enfin, maintenez-vous informés des messages d’alertes de la Direction Générale de la Santé : inscrivez-vous sur la liste de diffusion DGS-urgent.